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Bernard Forthomme

Biographie

Il est né à Liège, en 1952. Après des études classiques (gréco-latines), il entreprend des études de philosophie à l’Université de Louvain (Leuven), dans la section grec-arabe. Son premier travail de maîtrise porte sur la Notion de zâhir chez Ibn Hazm de Cordoue, un grand docteur de l’Islam. Ensuite, Louvain étant le premier centre des études husserliennes, il se tourne vers la phénoménologie — le phainomenon prenant en quelque sorte le relais du zâhir — puis, après un séjour d’apprentissage en Allemagne et dans la littérature russe, il soutient sa thèse de doctorat consacrée aux transcendances chez Emmanuel Levinas (entendu préalablement à Paris), sous la direction d’Alphonse de Waelhens, et sous la présidence de Jean Ladrière, philosophe des mathématiques et des sciences de la nature dont l’enseignement, d’une rigueur implacable, reste inoubliable.

De Waehlens s’étant lui-même longtemps consacré à la psychiatrie et à la pratique analytique (lacanienne),  et efforcé d’inscrire la relation à autrui et l’altération de la folie au cœur de la structure anthropologique, Bernard Forthomme entreprend ensuite de longues recherches pour approfondir la question des hallucinations et des délires. Ces recherches s’articuleront dans son enseignement, notamment celui consacré à l’acédie et à la mélancolie — à l’École Pratique des Hautes Études (en Sorbonne) — et aux travaux de Michel Foucault, Gilles Deleuze (son ouverture inspirée à la pensée, à l’art et à la littérature anglo-saxonnes), mais également de Michel Henry, à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

L’importance de la dimension « théologique » des délires mise en relief par Deleuze, a suggéré la poursuite des recherches dans le domaine de l’hagiographie et de l’histoire de la spiritualité apprise des séminaires parisiens de Jacques Le Brun (voir les publications sur Dympna d’Irlande, François d’Assise, Fénelon et Thérèse de Lisieux), mais également dans le champ de la théologie proprement dite (publications sur l’Être et la Folie, la Jalousie, les Émotions, y compris dans leur vecteur dramatique et proprement théâtral et/ou liturgique).

Viendront ensuite divers travaux consacrés à la pratique de la relation d’aide, et notamment aux modalités variées de la conversation et de l’usage de ce langage phénoménologiquement étrange (l’oraison), mais encore au rôle capital, trop souvent et gravement ignoré, que joue la volonté libre dans le processus thérapeutique (voir l’ouvrage consacré à la Volonté perverse). C’est la redécouverte d’une certaine pertinence de l’étiologie en rupture avec la phénoménologie, y compris sous sa modalité ontologique.

Travaux liés à une importante inflexion dans le cours des activités, provoquée par l’engagement, poursuivi plus d’une décennie (non loin de la Salpêtrière), auprès de personnes souffrant de graves difficultés mentales et comportementales. Engagement que l’on ne peut distraire de l’agrégation dans l’Ordre multiséculaire des franciscains, où l’expérience initiale s’est formée au contact des lépreux, et d’une transformation complète de l’attitude à leur égard.  Cette orientation réveillera l’appel — librement consenti — à laisser la fêlure elle-même se dire dans le grand parler poétique (ainsi dans le recueil intitulé Noviciales), mais également dans la prose poétique, que cela prenne la forme de nouvelles ou de romans (jusqu’à ce jour inédits).

L’enseignement dispensé au Centre Sèvres (Facultés Jésuites de Paris) fut et demeure également l’occasion de communiquer un je ne sais quoi et un presque rien, mais aussi un malgré tout libertaire, du grand effort de concordance de ces diverses orientations irréductibles.

Bernard Forthomme