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Lucette Mouline

Biographie

Lucette Mouline a signé des textes, entre autres, chez José Corti, Roman de l’Objet, (1984), L’œil des Phrases (1987) ; aux éditions des Femmes, Mémoires d’Imposture, (1986) ; chez Pierre Fanlac, La Moisson du Crépuscule (1984), Le Jardinier du Ciel (1986) ; chez L’Harmattan, Sylvain ou le bois d’œuvre (2006). Elle est Professeur émérite en Arts du spectacle à l’Université Michel de Montaigne à Bordeaux. Elle est Présidente du Théâtre Incarnat et de la compagnie Noces d’incarnat.

Elle a publié plusieurs volumes chez Orizons, qui a décidé de lui accorder la place la plus large dans son catalogue : après Faux et usage de faux en 2009, il y a eu Du côté de l’ennemi, en 2010, autofiction scripturale, étonnant parcours d’un écrivain qui considère À La recherche du Temps perdu comme l’Ennemi tant l’admiration pour un grand écrivain stimule mais aussi peut tuer. En début de 2012, Lucette Mouline signait un non moins admirable Filages, « voix du passé, paroles des livres, découverte d’une Foi révélée par un Évangile reçu par le narrateur ». En l’été de 2012, nous publions un ouvrage très particulier, L’Horreur parturiente, Ce roman violent, à facture classique, construit sur des concepts de la psychanalyse, hanté par la répétition obsessionnelle, n’en promène pas moins le lecteur de la Bretagne à l’Aquitaine, du Cambodge à la Chine, interrogeant sous un biais nouveau les institutions. Il amorce une recherche anthropologique aux abords d’une métaphysique éprise de rêves scientifiques. Ce regard critique qui prend en compte l’esthétique et la spiritualité répond à certaines des plus brûlantes préoccupations d’aujourd’hui. Et, pour autant que nous le puissions, nous comptons éditer d’autres titres en cours d’écriture d’une Lucette Mouline jamais en mal de souffle ample et extrêmement à l’aise dans l’approche fine de ses personnages.

De quelque côté qu’on la prenne, l’œuvre romanesque de Lucette Mouline échappe aux habitus et aux conformismes ambiants. Par les thèmes iconoclastes qu’elle développe, il s’agit, là, d’un trésor littéraire parmi les plus originaux de ce temps. Et ce n’est pas parce que les morbidités liées, hélas, à la sociologie littéraire : orthodoxie de la presse (« copain-coquin ») refus de l’originalité (relire Illusions perdues de Balzac), ignorances persistantes de la librairie soumise, elle, aux diktats des plus forts, semblent sottement perpétuer la couche d’inculture de notre époque, que nous cesserions de publier une auteure de premier ordre parce que la mévente de ses romans est précisément proportionnelle aux fautes de goût que nous dénonçons. C’est à l’éditeur de faire montre de patience et de persévérance. Lucette Mouline mérite bien de la Littérature – nous le pensons sincèrement.

Daniel Cohen
Directeur fondateur d’Orizons

Lucette Mouline