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Léopold Niel

Biographie

Léopold Niel, mort à Paris, au dernier siècle, était un latiniste raffiné. Médecin, il ne portait pas moins, et très haut, ce qu'on appelait alors « les humanités ». Sa traduction, telle qu'elle apparaît dans le volume que son fils, Gérard, nous a confié pour son édition, est un modèle d'élégance et de probité. On peut deviner l'écrivain qu'il y avait en lui. Nous nous sommes empressés d'accepter la traduction, en une époque ingrate envers les sources de la culture occidentale. Notre collection « Cardinales » était naturellement faite pour l'accueillir.

Pour Virgile, prière de se reporter sur ce site à :

Desportes (Marcel), traducteur de L’Énéide, parue en 2009, coll. « Cardinales ».
Stroppini de Focara (Gianfranco), Virgile et l’amour, coll. « Universités », parution en 2010.

 

L’œuvre de Virgile est une fresque unitaire de l’histoire humaine depuis le temps de la cueillette et des bergers (Les Bucoliques) jusqu’au stade de l’urbanisation (L’Énéide) en passant par celui de l’agriculture (Les Géorgiques). Au moment où l’âge d’or va revenir selon les prédictions sibyllines, Les Bucoliques font à l’amour une place prépondérante. Les bergers-poètes courent à la plénitude de la vie par un chant sublime où le réel et l’idéalité s’associent pour révéler l’harmonie du cosmos. Les Géorgiques reprennent cette opposition qui se résout dans l’amour du « carmen » affirmé par le poète, tandis que paysans et éleveurs aiment la terre et ses productions. Chez les animaux, le désir érotique assure la survie des espèces, mais Aristée perd le peuple des abeilles et Orphée plonge Eurydice dans la mort éternelle. Naît ainsi la lamentation élégiaque que l’amour sublime, dans la personne de César et de Virgile lui-même, transfigure en idéalité. Portés par la dynamique de l’amour, les hommes titanesques de la séparation retrouvent l’unité dionysiaque primitive. Il en résulte une esthétique des profondeurs. Chaque destinée singulière, envoûtée par l’hexamètre virgilien, se dilate aux dimensions du cosmos, atteint une sorte d’éternité. Angoisse et onirisme, joints à la perfection formelle confèrent à cette Poétique une efficacité moderne, tandis que la force visionnaire reste éternellement neuve.

 

P. Virgilius Mro est né le 15 octobre 70 avant Jésus-Christ, à Andes, village proche de Mantoue. De très humble origine, son père, sans doute potier, acheta un lopin de terre. Virgile acquiert ses premiers rudiments d’éducation littéraire à Crémone. Revêtu de la toge virile en 55, il étudie la rhétorique à Milan, auprès du rhéteur Epidius ; il poursuit à Rome ses études pour devenir orateur. Parthénios de Nicée l’initie à la poésie hellénistique. C’est à Naples, auprès du philosophe Siron qu’il se passionne pour l’épicurisme et l’œuvre de Lucrèce (De la Nature). À vingt-cinq ans, il retourne à sa terre natale pour y réaliser l’idéal épicurien de l’otium contemplatif et de la vie cachée, mais l’expropriation au profit des vétérans le prive de son bien. De 43 à 37, il compose Les Bucoliques. Vers 38, il est à Rome où il connaît Horace et Mécène. Pour favoriser le retour des Romains aux valeurs ancestrales, chères à Auguste, il s’attelle aux Géorgiques de 37 à 30. Lecture en est donnée à Auguste en 29. Dès lors, Virgile rédige L’Énéide. En 22, il donne lui-même lecture à Auguste et à Livie des Livres II, IV et VI. En 19, le poète voyage en Grèce sur les lieux de son épopée. Il y rencontre Auguste mais, tombé malade à Mégare, il rentre précipitamment et meurt à Brindes le 21 septembre 19. Varius, héritier testamentaire de Virgile refuse de brûler l’œuvre encore inachevée.