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David Mendelson

Biographie

Millau Terre d’accueil des Juifs à l’ombre de l’Occupation 1939 -1944
 

Le livre présente l’action des habitants de Millau, dans l’Aveyron, qui ont protégé des Juifs durant l’Occupation. L’Histoire de cette période a été écrite, en général, jusqu’ici, en ce qui concerne la France, sous l’inspiration de trois courants successifs. Dans l’après-guerre, la mise en valeur de l’action du général de Gaulle, de la Résistance et des maquis, en même temps qu’une relative discrétion concernant la responsabilité du maréchal Pétain et de son administration dans la persécution des Juifs et l’envoi d’une partie d’entre eux dans les camps d’extermination allemands. Puis ce fut la période dite de la «repentance», qui a souligné l’extension et la gravité de ce crime. Enfin, une troisième période qui vise, au contraire, à mettre en valeur le rôle que les «Justes» ont joué pour sauver, malgré la politique administrative, la vie de trois quarts des Juifs vivant ou réfugiés en France à cette époque.
L’Histoire du destin des Juifs à Millau à l’ombre de l’Occupation permet d’illustrer cette évolution en insistant sur la troisième. L’accent a d’abord été mis sur le fait que l’une des
premières rafles de Juifs étrangers organisées dans la zone sud, sur les ordres de Vichy et avant que les troupes allemandes n’y pénètrent, a été effectuée par la police de Millau le 28 août 1942. Celle-ci a alors arrêté 23 personnes, dont cinq enfants, et les a envoyées dans un camp français ; elles en sont ensuite reparties pour Drancy et, de là, dans un camp d’extermination. La mémoire de cette tragédie est inscrite sur une plaque déposée au début de la rue où a été effectuée cette rafle.
Ce livre montre alors comment une bonne partie de la population de la ville, y compris les fonctionnaires de la Sous - Préfecture et la plupart des policiers, se sont organisés pour protéger les Juifs des façons les plus diverses. Il a ainsi l’originalité de présenter ces faits de la vie quotidienne à partir des témoignages qui ont été enregistrés pendant plus de trois ans auprès des habitants qui ont vécu à cette époque. Il s’est alors avéré que cette attitude leur a été dictée, non seulement par des sentiments individuels, mais, plus ou moins consciemment, par une longue Histoire qui a voué Millau à jouer le rôle de «Ville refuge», en accueillant, tour à tour, des arrivants de l’époque néolithique et gallo - romaine, des réfugiés juifs chassés d’Espagne par l’Inquisition, des Templiers revenus de Terre Sainte et des participants aux Guerres de religion… avant d’accueillir, au XXe siècle, les Républicains chassés d’Espagne par Franco ; puis les Juifs, donc, parmi lesquels des forains et des artisans avec lesquels Millau, «capitale mondiale du gant», avait commercé depuis une époque immémoriale ; et enfin les Fellaghas emprisonnés au camp du Larzac, mais soignés par les millavois, en même temps, un peu plus tard, que les Harkis installés dans la ville.
Cette Histoire locale prend ainsi une large dimension humaine en permettant de mieux éclairer l’évolution, au cours de la guerre, d’une large partie de la population française choquée par l’Occupation et par la persécution des Juifs en s’attachant, notamment, aux motivations, religieuses, historique, idéologiques et professionnelles de certains «Justes». Trois personnalités ayant œuvré à Millau et dans ses environs durant cette période se sont vu attribuer le titre de «Justes parmi les Nations» par le Département des «Justes» Jérusalem.

D. M.


L’auteur :

David Mendelson, Professeur (retraité) de Littératures Française et Franco méditerranéennes à l’Université de Tel - Aviv, Israël, est né à Paris et a passé les années de l’Occupation à Millau avec sa Mère, qui était membre d’une filière chargée de faire passer des fugitifs juifs vers l’Espagne, alors que son Père était Prisonnier de Guerre en Allemagne, de 1939 à 1944.
C’est l’esprit que lui a insufflé cette enfance qui l’a amené à se vouer, en Israël, au rayonnement de la Francophonie israélienne et méditerranéenne, ainsi qu’à l’esprit de tolérance et de la Paix.
Il est Commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques et a reçu la Médaille de vermeil du Prix de l’Académie française pour le Rayonnement de la Langue et de la Culture Françaises.
David Mendelson